Nous ne laisserons pas une entreprise fossile norvégienne agir dans l'ombre et sécuriser son méga-projet GNL à l'abri des regards. Merci de vous mobiliser pour suivre ce dossier de près avec nous!
#Investigation
Tout a démarré par un sentiment d'angoisse nocturne et des porte-paroles du gouvernement provincial visiblement très enthousiastes à l'idée d'un pipeline de gaz au Québec. Il faudra peu de temps pour le confirmer : un méga-projet GNL se trame en coulisses, porté par l'entreprise norvégienne Marinvest Energy.
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Lire au complet→14 septembre 2026
Alors que le projet Marinvest n’a même pas encore été présenté officiellement à la population québécoise, le gouvernement fédéral donne une place de choix au promoteur du projet de gaz naturel liquéfié Marinvest Energy lors du Sommet canadien de l'investissement qui a lieu aujourd’hui à Toronto.


14 septembre 2026
Cette façon de faire absolument révoltante démontre une fois de plus le manque de transparence de la compagnie et des gouvernements qui travaillent derrière des portes closes au détriment de l’accès à l’information et du consentement des populations concernées par les grands projets de ressources naturelles.
Marinvest (oui, je refuse d’utiliser leur nouveau nom de façade “Kino Aski”) fait partie des nombreux projets d'envergure du Dossier de présentation du Sommet canadien de l'investissement destiné à attirer des investisseurs institutionnels internationaux. Quand même fou : le projet n’est même pas déposé, la population du Québec n'a accès à quasiment aucune information officielle sur le projet, et le gouvernement fédéral a le culot de présenter cet immense projet de pipeline qui traverse le Québec de bord en bord à des investisseurs étrangers : quel manque de classe! QUELLE HONTE
Rappelons que si ce n’était pas de notre travail d’enquête et de celui de journalistes, la population ne saurait toujours rien de cet immense projet pollueur.
D’ailleurs, on passe le bonjour aux milliardaires de Wall Street qui seront sur place en direct de Toronto, parce que oui, en pleine guerre commerciale USA-Canada, ce sont les États-Unis qui comptent sur la plus grande délégation étrangère au sommet. BlackRock, Blackstone, Berkshire Hathaway, JPMorgan Chase…Rien de mieux que des compagnies américaines pour venir exploiter nos ressources afin d’alimenter l'Impérialisme made in USA, non?
12 septembre 2026
Marinvest se présente comme un projet mené par les Premières Nations. En réalité, une seule nation y participe, sans le consentement de ses propres membres, et sans le consentement des autres nations impactées par le projet.

Sur son nouveau site web, Marinvest Energy se targue d’être un projet dirigé par les Premières Nations. Le tout premier communiqué sur le projet (publié par la firme de communication NATIONAL qui pilote le projet depuis les débuts) titrait fièrement : a fièrement First Nations Lead Kino Aski LNG - A Major Canadian Energy Project.
Remettons les pendules à l'heure. Il y a 11 nations autochtones au Québec, soit 10 Premières Nations et le peuple Inuit. Le projet de Marinvest veut traverser les territoires de quatre d’entre elles, celui des Innuat, des Cris/Eeyouch, des Atikamekw Nehirowisiwok et des Anishinabeg. De ces quatre nations, ce n’est qu’une seule d’entre elles qui fait désormais partie de l’équipe de direction du projet, grâce au rôle du Grand Chef des Atikamekw comme président du conseil d’administration de Kino Aski LNG inc . Ladite société Kino Aski détient 50,1 % de la société qui pilote le projet, le reste est détenu par Marinvest Energy. En date d’aujourd’hui (automne 2026), il est donc absolument faux de dire que ce projet est porté par LES Premières Nations, il est plutôt dirigé par le Chef d’UNE nation.
Pour ajouter à la confusion, lors de la publication du site web de Kino Aski LNG, les tracés du pipeline de Marinvest qui circulait ne passaient pas sur le Nitaskinan, territoire ancestral des Atikamekw Nehirowisiwok. Depuis, nous avons mis la main sur les nouveaux tracés potentiels (voir la publication précédente!), et l’un des deux tracés à l’étude passe effectivement sur le Nitaskinan. Toutefois, Lucien Wabanonik, Chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, a été clair : « Ce projet n’a pas été approuvé et doit impérativement obtenir le consentement préalable, libre et éclairé de la Nation Anishnabe de Lac-Simon et des autres Premières Nations concernées, ce qui n’est pas le cas en ce moment.».
Le Chef Wabanonik vise juste : en date d'aujourd'hui, il n’y a eu aucun processus de consultation des membres des nations autochtones concernés (ni des membres de la Nation Atikamekw, ni de la Nation Innu, Crie et Anishinabe) ni non plus des Québécoises et Québécois. Il n’y a aucun consentement des populations, aucune acceptabilité sociale, mais beaucoup, beaucoup de préoccupations.
Rappelons que pour que son projet GNL aille de l’avant, l’entreprise Marinvest Energy ne doit pas simplement «consulter», elle devra obtenir le consentement préalable, libre et éclairé (CPLÉ) des quatre Premières Nations concernées par le projet, et ce, conformément aux dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). L’article 32(2) de la DNUDPA rappelle que le CPLÉ est nécessaire avant l’approbation de tout projet ayant des incidences sur les terres ou territoires autochtones*.
[*malgré l’adoption de la DNUPDA par le Canada, les représentants du gouvernement du Québec et du Canada continuent de s’opposer à son application, et les communautés autochtones doivent constamment faire appel aux tribunaux pour faire valoir la protection de leurs territoires, ainsi que l’obligation d’être consultés, écoutés et respectés]
De même, le Québec est en pleine campagne électorale et n'a pas donné son feu vert au projet. Ce sont les électeurs qui choisissent le gouvernement qui devra, à terme, faire face aux conséquences territoriales, énergétiques, environnementales et économiques d'un projet de cette envergure. C’est le Québec en entier qui est concerné par ce projet.
Le Canada et l’industrie pétrolière et gazière misent depuis plusieurs années sur la fabrique du consentement et de l’acceptabilité sociale. Marinvest Energy poursuit cette logique, c’est ce que nous apprenions d’ailleurs dans Le Devoir au printemps : l’entreprise [Marinvest] a évoqué l’idée de verser de l’argent à la Première Nation dès cette première rencontre. « Ils veulent acheter notre accord », déplore-t-il, en évoquant sommairement « un petit pourcentage » qui constitue, selon lui, « la carotte au bout du bâton ». « Ce n’est pas ça qui intéresse les Premières Nations », soutient Lucien Wabanonik, Chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon.
Les droits des Innuat, des Cris/Eeyouch et des Anishinabeg ne sont pas transférés aux Atikamekw simplement parce que ceux-ci détiennent une partie du projet via l’implication du Grand Chef Constant Awashish. Le droit d’une nation de dire « oui » ne peut pas anéantir le droit d’une autre nation de dire « non ».
11 septembre 2026
Nous avons pu mettre la main sur les deux nouveaux tracés de pipelines à l'étude par Marinvest Energy pour son projet de GNL, qui diffèrent de ceux qu’on avait publié le 16 décembre 2025 dans La Presse Canadienne.
Nous vous les partageons en exclusivité ici. On s’attend à ce que ces tracés changent encore d’ici le dépôt officiel du projet.

10 septembre 2026
Dans les dernières décennies, c’est devenu très difficile pour l’industrie des énergies fossiles et le gouvernement fédéral d’imposer des projets de pipelines au Québec. La forte adhésion de la population québécoise à la lutte aux changements climatiques et à la protection de l’environnement (du moins en théorie, en pratique, c’est plus compliqué!) a fait en sorte que tous les grands projets d’énergies fossiles (Rabaska, les gaz de schistes, Énergie Est, GNL Québec…) ont été bloqués par de fortes mobilisations citoyennes.
Toutefois, pour prolonger sa fin de vie utile, l’industrie fossile nord-américaine a besoin de verrouiller l’économie canadienne dans le pétrole et le gaz. Les pipelines représentent une des meilleures manières d’alimenter le respirateur artificiel fossile en vie : ils coûtent extrêmement cher à construire, et, une fois en place, il faut les utiliser pour les rentabiliser, et ce, pour des décennies. C’est clair, le modèle d’affaire fossile mise sur l’échec de la lutte aux changements climatiques et, du même coup, sur l’échec du maintien d’une planète habitable : génial…
Alors, qu’est-ce que le gouvernement canadien fait lorsque la “nécessité” de construire des pipelines pour l’industrie fossile se heurte à une population qui s’y oppose fermement? On change les règles du jeu, afin de mettre à mal l'inévitable opposition citoyenne.
C’est pourquoi, avant même le début des travaux parlementaires à Ottawa, le gouvernement fédéral à modifier le “Règlement sur les activités concrètes” (la « Liste des projets ») qui permet une série de projets présentant des risques sociaux, environnementaux et économiques élevés (pipelines interprovinciaux, installations pétrolières et gazières dans des parcs nationaux ou des aires protégées, etc.) de NE PLUS ÊTRE assujettie à la Loi sur l’évaluation d’impact. Seule la Régie de l’énergie du Canada (REC) est désormais chargée d’évaluer ces projets.
Voir notamment cet article du Devoir : Les pipelines ne sont plus soumis à la loi fédérale sur l’évaluation des impacts environnementaux
Dans un communiqué conjoint porté par une dizaine de groupe environnementaux, le Centre québécois du droit de l’environnement explique que “le retrait de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) fait disparaître le regard externe d’une organisation qui n’entretient pas, contrairement à la REC, de relation continue avec les promoteurs et le secteur de l’énergie. Les signataires dénoncent cette décision qui vient significativement affaiblir le régime fédéral d’évaluation d’impact et qui comporte des risques importants de sous-évaluation des impacts environnementaux, sociaux et économiques de ces projets.”
Les impacts de ce changement? Des évaluations limitées, une participation publique et autochtone affaiblie et un affaiblissement des protections du public et qui pavent la voie à de nouveaux fiascos environnementaux, sociaux et économiques.
Or, détrompez-vous : c’est loin d’être la fin. Ce n’est que le début de la Réforme des grands projets de Mark Carney, qui, brique par brique, étape par étape, cherche à démanteler les protections environnementales fédérales.
À nous de se tenir debout
17 août 2026
Après près de deux ans à opérer dans les coulisses, Marinvest sort enfin de l’ombre. Cinq ans après le rejet du projet GNL Québec, des investisseurs norvégiens tentent aujourd’hui de le relancer sous la bannière Marinvest Energy.
Leur nouvelle stratégie consiste à tenter de s’associer à des communautés des Premières Nations par l’entremise de Kino Aski LNG inc, une toute nouvelle entreprise dirigée par le Grand Chef de la Nation atikamekw (Constant Awashish). Pour l’instant seule la Nation Atikamekw est impliquée dans le projet.
Pourquoi cette association avec les Atikamekw? Assez simple : obtenir davantage d’acceptabilité sociale, de capital politique et un accès à des fonds publics (👇 comme expliqué dans ma publication précédente : Marinvest sollicite déjà des fonds publics).

17 juin 2026
Des documents obtenus par Greenpeace Canada révèlent que les discussions au sein de l’appareil fédéral autour du projet Marinvest se sont étendues à la question du financement public. Des représentant·es de Services aux Autochtones Canada ont été invités à une journée de rencontres entre Marinvest et le gouvernement fédéral le 12 mai 2025 afin de présenter à Marinvest les différents programmes de financement fédéraux disponibles pour leur projet.

Plus loin dans les documents, on apprend, dans un échange entre Investir au Canada et le ministère des Ressources naturelles, que l'entreprise cherche à identifier deux types de financement public : des programmes qui peuvent financer ses initiatives de recherche et développement (le projet « SUCARMA », le volet écoblanchiment du projet Marinvest – on y reviendra dans une prochaine publication) ainsi que des programmes permettant à des communautés autochtones d'acquérir une participation financière dans la portion “pipeline” du projet.

Finalement, un autre échange courriel nous confirme que Marinvest a cherché à savoir si un programme fédéral de garantie de prêt pouvait couvrir la “phase initiale de développement du projet”. La réponse fut finalement négative, mais les fonctionnaires d’Investir au Canada se sont engagé·es à « continuer à examiner les possibilités d'aide, puisque de nouvelles annonces seront faites à l'automne ».

À ce jour, on ne dispose d’absolument aucune information concernant le montage financier qui permettrait la réalisation de ce projet. Toutefois, compte tenu de la baisse de la demande en gaz en Europe et de l’offre déjà excédentaire sur le marché du GNL, les perspectives de rentabilité d’un nouveau projet de GNL sur la côte Est canadienne semblent très incertaines. Dans ce contexte, la demande de fonds publics de la part de l’entreprise n’est pas du tout une surprise.
Soyons vigilant·es, le Québec n’a certainement pas besoin d’un Northvolt 2.0…
17 juin 2026
Depuis des mois, nous travaillons d’arrache-pied, avec plusieurs autres organisations, pour empêcher la construction du terminal GNL et du gazoduc de Marinvest Energy. Signez la pétition dès maintenant!
16 juin 2026
Alors que le lobby de l'industrie pétrolière et gazière qualifie déjà Marinvest de « projet prioritaire pour le Québec », dans son inscription au registre des lobbyistes de l'Alberta, il préfère qualifier son projet de « projet structurant pour l'avenir de l'Alberta et du Canada ».

Ce double discours s'explique facilement : Marinvest n'est qu'une énième tentative de l'industrie pétrolière et gazière de l'Ouest canadien pour exporter ses hydrocarbures par la côte Est canadienne. Le Québec n'est qu'une voie de passage, un corridor, voire un simple obstacle à surmonter! Ce n'est pas un hasard si le directeur des opérations de Marinvest est basé à Calgary, et ce n'est pas un hasard non plus si Marinvest rencontrait des fonctionnaires fédéraux canadiens en marge du Stampede de Calgary en juillet 2025. Entre deux rodéos, une p'tite rencontre pour jaser fracturation hydraulique et construction de pipeline, ça le fait non?

Lors du Stampede, Mike Attersall, Directeur régional de l’Alberta chez l'agence fédérale Investir au Canada, a rencontré Greg Cano de Marinvest qui lui a présenté une étude de Blackridge Research sur le terminal GNL de Baie-Comeau. Cette étude s'ajoute à la liste d'informations très concrètes dont dispose le gouvernement fédéral concernant ce projet, et à laquelle la population n'a, une fois de plus, pas accès.

Alors, tenez-vous prêt à sortir ses informations sur les relations étroites entre Marinvest et l'Alberta, lorsque, inévitablement, nos gouvernements et l'entreprise vont nous servir leur salade sur Marinvest Energy : un projet pour et par le Québec!
Sur ce, bon début d’été et surtout, ne vous laissez pas rouler dans la farine…
14 mai 2026
Pendant que nos gouvernements se bousculent pour démanteler les protections environnementales à une vitesse record pour construire toujours plus de projets destructeurs et polluants, le Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon choisit de se tenir DEBOUT.
Pour faire avancer son projet (qui a déjà le soutien du gouvernement fédéral et de plusieurs ministres du gouvernement québécois), l'entreprise Marinvest Energy veut faire des 'deal' avec des communautés et des municipalités le long du tracé de son pipeline. C’est ce que déclarait le journaliste Alexandre Shields le 10 mai dernier – le lien vers l’article est dans ma publication précédente, vous n’avez qu’à scroller vers le bas! ;)
Dans cet article, on apprend que les promoteurs ont mis de l'argent sur la table dès la première rencontre entre Marinvest et certaines communautés. La réponse de Lucien Wabanonik, chef du conseil de bande de Lac-Simon : « Ils veulent acheter notre accord. Ce n'est pas ça qui intéresse les Premières Nations. »
Le chef du conseil de Lac-Simon dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. C'est une prise de parole essentielle et EXTRÊMEMENT courageuse, surtout quand on connaît le grand besoin de financement dans les communautés autochtones pour les services essentiels (comme le logement et les soins de santé).
Ce qui rend la situation encore plus inquiétante, c'est le contexte politique dans lequel Marinvest opère. Alors que le monde vit une incertitude économique sans précédent à cause de la guerre (incertitude qui est liée à la dépendance du monde entier aux énergies fossiles), le gouvernement Carney est en train de démanteler les évaluations environnementales à une vitesse que même Stephen Harper n'avait pas atteinte à son époque.
Ma citation dans un article de Radio-Canada : « Harper avait mis des années à démanteler les protections environnementales. Carney, lui, le fait en quelques mois seulement. »
Dans ce contexte, Marinvest Energy lorgne le statut de projet « d'intérêt national » sous la nouvelle loi fédérale C5, une désignation qui ouvre la voie à des approbations accélérées et le contournement potentielles de lois comme la Loi sur les pêches et la Loi sur les espèces en péril, et d'autres lois qui existent pour... PROTÉGER LA POPULATION des impacts nocifs de ces mégaprojets industriels. Ce que GNL Québec n'a pas réussi à obtenir à l'époque, Marinvest espère l'avoir sur un plateau d'argent…
« Ce ne sont pas des projets positifs pour le climat et pour les prochaines générations. Et ce sont les prochaines générations qui vont en subir les conséquences. Nous ne serons peut-être plus là, mais nos enfants et nos petits-enfants vont en subir les impacts. Ils les sentent déjà. » - Lucien Wabanonik
Face à des gouvernements qui accélèrent le pas dans la mauvaise direction et à une industrie fossile qui ressort ses vieux projets en essayant désespérément de les mettre au goût du jour, la résistance est plus nécessaire que jamais. NO PASARAN.
Lucien Wabanonik appelle d'ailleurs à rebâtir les alliances entre Premières Nations et société civile, celles-là mêmes qui avaient fait échec à GNL Québec.
Au nom de Greenpeace Canada : membre de la communauté de Lac-Simon, vous avez notre solidarité tout entière. Comptez sur nous pour nous tenir DEBOUT à vos côtés, pour la défense de votre dignité, de votre souveraineté et de vos droits ancestraux inhérents, à commencer par votre droit au consentement préalable, libre et éclairé et à votre droit à l'autodétermination.
On est ENSEMBLE, une équipe composée de centaines de David, face à Goliath, l'industrie fossile et ses milliards de $. Ils ont peut-être l'argent, mais nous, on a les gens!
Kitci migwetc à la Nation Anishnabe de Lac-Simon! Merci, merci, merci!
10 mai 2026
Marinvest Energy qui tente d’acheter le consentement de la communauté Anishnabe de Lac-Simon dès leur première rencontre? Comme on dit : ils ont du front tout le tour de la tête…
Lucien Wabanonik, chef de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, a dénoncé la semaine dernière le projet de Marinvest et sa tentative « d’acheter » leur consentement dès leur toute première rencontre. Il est inadmissible que cette entreprise se permette d'essayer d'acheter le consentement des Premières Nations et des communautés autochtones situées le long du tracé du pipeline. Mais après tout, est-ce vraiment surprenant quand on connaît le modus operandi de l’industrie pétrolière et gazière?
6 mai 2026
J'ai été invité au balado de Fred Savard pour parler du projet Marinvest et décrire en détail comment cette entreprise norvégienne opère dans le plus grand secret.
4 mai 2026
Nous avons déposé une demande d'accès à l'information. Voici ce que nous avons reçu.
Merci de nous accorder quelques semaines le temps de parcourir les 7 paragraphes non censurés. Merci pour vos pensées et vos prières 🥺🙏
31 mars 2026
Des navires de 300 mètres de long, larges de 50 mètres, traversant l'estuaire du Saint-Laurent plusieurs centaines de fois par années, et ce dans des eaux que Pêches et Océans Canada reconnaît officiellement comme une aire d'importance hivernale pour le béluga. 
C'est ce que nous apprend un récent article du journaliste Alexandre Shields.
Pourtant, en 2021, Québec et Ottawa refusaient le projet de terminal méthanier GNL Québec, à Saguenay. Parmi les motifs invoqués : les risques que représenterait le trafic de méthaniers pour le béluga du Saint-Laurent, une espèce désignée « en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). L'évaluation environnementale avait été rigoureuse, longue, et avait notamment mesuré les impacts sonores, les risques de collision ainsi que la fragmentation de l'habitat.
Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM, est très clair : les eaux au large de Baie-Comeau sont importantes pour le béluga. Les données de Pêches et Océans Canada le confirment. Or, l'habitat hivernal de l'espèce n'est toujours pas désigné comme « habitat essentiel » au sens de la Loi sur les espèces en péril. Vingt ans après la désignation du béluga comme espèce en péril, le gouvernement fédéral n'a pas terminé le travail. C'est dans cet espace juridique incomplet que s'inscrit Marinvest Energy.
Le rorqual bleu, avec à peine 250 individus adultes dans la population du Saint-Laurent, fréquente lui aussi ces eaux toute l'année. Même son de cloche pour Richard Sears, fondateur de la Station de recherche des îles Mingan : même les mesures d'atténuation habituelles ne suffisent pas, parce que dans cette région, les baleines peuvent se trouver un peu partout!
Le MPO aux réunions, mais pas à l'évaluation
Depuis mai 2025, Pêches et Océans Canada participe à des réunions mensuelles de coordination sur le projet Marinvest Energy : "the Marinvest deal team". Un courriel obtenu par Greenpeace via une demande d'accès à l'information révèle l'objectif du deal team : permettre aux ministères de fournir des conseils afin de « faciliter l'investissement ». Pas évaluer les risques. Quand on demande au MPO s'il a analysé les impacts du trafic maritime sur les espèces en péril, on nous répond que le ministère n'a pas encore amorcé son évaluation, parce que le projet est encore à une phase préliminaire.
Pendant ce temps, le projet avance. Vite.
C-5 : le passe-droit institutionnalisé
La loi C-5, la Loi visant à bâtir le Canada, crée une catégorie de projets dits « d'intérêt national » bénéficiant d'un processus d'approbation accéléré. On sait, grâce à nos demandes d'accès à l'information, que Marinvest souhaite bénéficier de l'approbation accélérée sous C-5. Dans son mémoire de juin 2025, le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE) a sonné l'alarme. Les articles 21, 22 et 23 de C-5 permettent au gouvernement fédéral d'exempter un projet désigné de l'application de toute disposition législative ou réglementaire, y compris, selon le CQDE, la Loi sur les espèces en péril elle-même. Par décret, sans débat parlementaire.
C-5 élimine également l'étape préparatoire de l'évaluation d'impact pour les projets désignés, soit la phase qui permet normalement d'identifier les enjeux prioritaires avant que le promoteur soumette son étude. Et la LEP elle-même contient déjà une brèche : le gouvernement Carney s'est réservé le droit de passer outre à la législation si un projet est autorisé comme étant « d'intérêt national ». C-5 ne crée pas cette brèche. Il l'élargit, la systématise, et la rend quasi imperméable au contrôle judiciaire.
Robert Michaud le résume avec justesse: « Nous sommes dans une période critique. Il y a de quoi s'inquiéter, parce qu'il y a des pressions pour relâcher les mesures de protection. »
À nous de nous tenir debout face à ces pressions. Pour la planète et tous les êtres vivants qui l'habitent.
(source de l'image : le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins)
9 mars 2026
J'ai récemment donné une entrevue au journal The Nawhal, une lecture que je vous recommande d'ailleurs! La journaliste Sarah Cox a partagé des informations intéressantes sur le projet et les démarches de Marinvest dans les coulisses, mais elle a également abordé un angle qui a peu été exploré jusqu'à présent : qui dirige les opérations canadiennes de Marinvest?
En observant le CV de Greg Cano, directeur des opérations de Marinvest Energy Canada, il est difficile d'ignorer son implication dans certains des projets gaziers les plus controversés du pays.
Notons de prime abord que monsieur Cano était directeur de la planification chez TransCanada (aujourd'hui TC Energy), l'une des plus grandes entreprises d'infrastructures pétrolière et gazière du pays. Curieusement, c'est le réseau de TC Energy lui-même (via le pipeline de gaz existant Canadian Mainline) qui alimenterait en gaz le futur pipeline de Marinvest ainsi que le terminal de Baie-Comeau. Comme quoi, toute est dans toute.

Par la suite, il a été chef de projet pour Steelhead LNG sur l'île de Vancouver, un projet controversé abandonné en 2019. Des communautés autochtones (via le Union of BC Indian Chief) avaient explicitement appelé au rejet du projet de Steelhead LNG, invoquant notamment des menaces sur l'environnement et la santé des Premières Nations.
Finalement, il a été un haut placé chez Pacific Atlantic Pipeline Construction (PAPC), sous-traitant principal du très controversé pipeline Coastal GasLink (CGL), et ce jusqu'en 2022, lorsque le contrat de PAPC a été résilié suite à un conflit avec CGL. Le projet de pipeline de CGL (piloté par Cano) a suscité une vive opposition à travers tout le pays et a fait la une des médias internationaux pour son traitement violent des membres de la Nation des Wet’suwet’en s’opposant à sa construction. Amnistie internationale a d’ailleurs documenté les graves violations des droits humains infligées aux défenseur·es des terres Wet’suwet’en par les autorités du Canada ainsi que TC Energy durant la construction du gazoduc.
Bref, Greg Cano, a été au cœur de plusieurs grands projets gaziers controversés des dix dernières années. Et maintenant, il fait cap vers le Québec.
Nos recherches sur le financement derrière Marinvest Energy se poursuivent, j'ai hâte de vous en partager plus.
Article complet disponible en anglais: Could this secretive, foreign-owned LNG export project be Quebec’s first?
19 février 2026
Nous partageons en exclusivité des documents internes du gouvernement canadien obtenus via une demande d’accès à l’information. Ces documents démontrent que le gouvernement canadien tient depuis juin 2025 des réunions mensuelles sur le projet Marinvest avec plusieurs agences fédérales.
Dans les échanges courriel obtenus, on apprend également que Marinvest espère bénéficier d'un processus d'évaluation accéléré sous la nouvelle loi fédérale C-5. Dans une communication entre l'Agence d’évaluation d’impact et la Régie de l'énergie, il est indiqué que Marinvest souhaite soumettre son projet au Bureau des grands projets (BGP) en début 2026. Le BGP, dirigé par l’ancienne PDG du pipeline TransMountain, découle de la fameuse loi C-5 (la « Loi visant à bâtir le Canada ») qui a comme mission d’accélérer les projets d’infrastructures « d'intérêt national ».
Dans leurs échanges sur Marinvest, les fonctionnaires fédéraux utilisent le nom de code NJORD. Une référence au Dieu de la mer et des vents dans la mythologie nordique? Une fois de plus, le Québec fait face à un projet destructeur et titanesque. David contre Goliath? Non, David contre Njord!
6 janvier 2026
L'année 2026 a démarré sur les chapeaux de roues avec l'attaque lancée par le président Trump sur le Venezuela. En ligne de mire : la prise de contrôle de l'industrie et des ressources pétrolières vénézueliennes par les États-Unis.
Une actualité à laquelle n'a pas manqué de réagir le premier ministre Carney, qui a déclaré que cela pourrait permettre au Canada de développer ses projets de pipelines. [1] L’industrie fossile se frotte les mains… et cela pourrait même profiter au projet de GNL polluant de Marinvest Energy sur la Côte-Nord!
Le journaliste du Devoir Alexandre Shields le nomme explicitement comme l’un des projets susceptibles de bénéficier d’un soutien accru avec le contexte international et national qui penche (dangereusement) vers l’accélération des projets fossiles.
Un article à lire : La crise au Venezuela est-elle utile pour les partisans des énergies fossiles au Canada?
16 décembre 2025, 7h
16 décembre 2025, 5h
Grâce à plusieurs sources, nous avons pu obtenir les deux tracés de pipelines présentement à l'étude par Marinvest Energy pour son projet de GNL. Nous vous les partageons en exclusivité ici, alors que l'article de La Presse Canadienne devrait paraître d'une minute à l'autre.

7 décembre 2025
Novembre 2025
Il est maintenant évident que nous devons agir vite pour informer et mobiliser la population québécoise avant que Marinvest Energy ne sécurise ses soutiens politiques et financiers.
Octobre 2025
Septembre 2025

Table ronde organisée en septembre 2025 à Baie-Comeau avec Mères au Front, le Centre Québécois du Droit en Environnement et Nature-Québec pour répondre aux questions soulevées par le projet Marinvest Energy.
Vu l’inquiétude suscitée par cette nouvelle au sein des communautés concernées, j’ai été invité à Baie-Comeau afin de répondre à différentes questions et préoccupations de la population.
Sachant que la communauté aurait besoin de réponses, j’ai amené avec moi : un avocat, une spécialiste des enjeux climatiques et un économiste. Ensemble nous avons répondu aux questions de plus de 50 résident·es, journalistes et personnalités politiques lors d’une séance d’information publique.
Notre objectif était simple : devancer la machine de relations publiques de Marinvest Energy et s’assurer que la communauté soit informée des risques associés à ce projet.
Et à l’heure où j’écris ces lignes, je continue assidûment mon travail d’investigation sur le retour des pipelines au Québec.
Au courant des prochaines semaines, je compte vous révéler :
En attendant, je poursuis mon travail d’enquête avec un objectif clair : braquer les projecteurs sur cette compagnie qui agit loin des regards pour rallier des soutiens politiques et financiers et, ainsi, déjouer l’opposition de la population québécoise aux projets d’énergies fossiles.
L’industrie pétrolière et gazière mise sur notre silence, notre fatigue vis-à-vis des désastres climatiques. Elle pense qu'on va baisser les bras. Elle se trompe.
En regardant mes enfants, je sais que je suis plus déterminé que jamais à me battre pour protéger leur avenir. Si nous devons affronter Goliath une fois de plus, so be it. Je sais que je ne serais pas seul dans cette bataille.
À travers mon implication, j’ai rencontré des centaines de personnes qui ont mis des heures innombrables pour protéger leur milieu de vie et la santé de leur communauté face à l’industrie des énergies fossiles — cette industrie destructrice qui réchauffe la planète et vide nos poches. J’ai une profonde admiration pour ces gens qui résistent et mènent des luttes inspirantes aux quatre coins du Québec.
Nous serons ensemble et nous ne laisserons pas Marinvest Energy faire.
Juillet 2025
Juin 2025
Printemps 2025
ACTE 1 - L'ANGOISSE - Février 2025, 3h du matin
Je me réveille en sursaut avec un drôle de sentiment d’angoisse. Rien d’anormal pour le papa d’un nouveau-né, mais lorsque les pleurs de ma fille s’estompent, l'angoisse, elle, persiste. Ça m’a pris du temps avant de mettre le doigt dessus, mais j’ai fini par comprendre la source de mon angoisse : le sentiment que quelqu'un me jouait dans le dos, et que pendant que j’étais occupé à changer des couches, on essayait de m’en passer une p’tite vite.
Cette angoisse ne venait pas de nulle part, parce que je connais bien nos adversaires. J’ai consacré une grande partie de ma vie adulte à lutter contre le principal responsable de la crise climatique : l’industrie pétrolière et gazière, et ses pipelines qu’elle cherche à nous passer à travers la province.
Ce que je ne savais pas encore, c'est qu'au moment même où j'angoissais dans le noir, une mystérieuse compagnie norvégienne rencontrait les hautes sphères du pouvoir dans le plus grand des secrets pour leur vendre le retour des pipelines de gaz au Québec.
Cette angoisse ne me quittait pas. Les semaines ont passé, et c’est finalement durant un avant-midi pluvieux du mois de mai 2025 que j’ai pu mettre un mot sur mon appréhension : Marinvest.
ACTE 2 - LE RETOUR DES PIPELINES AU QUÉBEC - Mai 2025, 10h du matin
Je suis de retour de mon congé de paternité depuis quelques semaines à peine. Je participe ce matin à une rencontre avec des représentant·es du gouvernement provincial. En face de moi, les porte-paroles du gouvernement me disent, l'air de rien, qu'un nouveau pipeline de gaz serait 'pertinent pour le Québec.'
Je suis estomaqué. Est-ce bien réel? Après tout ce qu'on a accompli? Après avoir rejeté GNL Québec, après l’adoption de la loi interdisant l'exploitation du pétrole et du gaz? Après des années de lutte acharnée? Je suis sortie de cette rencontre profondément outré et préoccupé, et je me suis mis à creuser.
Café à la main, je scrute le registre des lobbyistes du Québec. Des centaines de rencontres ont lieu entre le gouvernement et des entreprises. Des noms de compagnies que je connais, d'autres que j'ignore.
Et puis, alors que je m'apprêtais à changer de méthode, je l'ai trouvée : Marinvest Energy. Une petite compagnie norvégienne spécialisée dans la distribution de gaz naturel liquéfié. Leur mandat inscrit au registre? "Mettre en place un projet énergétique structurant et avantageux pour l'avenir du Québec et du Canada."
Mon cœur s'accélère. C'est ça. C'est mon angoisse de février qui se matérialise.
Je dépose immédiatement des demandes d'accès à l'information. Des dizaines. Gouvernement provincial, fédéral, différents ministères. Pendant des semaines, je reconstitue le casse-tête pièce par pièce. Ce que je découvre me donne froid dans le dos.
Depuis février 2025 — au moment exact où je me réveillais en pleine nuit avec cette intuition —, des représentant·es de Marinvest Energy multipliaient les démarches de lobbying auprès des gouvernements. Ministère de l'Économie. Ministère de l'Énergie. Cabinet du premier ministre Legault, proche conseiller du premier ministre Carney. Des dizaines de rencontres, loin des regards du public.
Toutes ces rencontres pour vendre le même projet : un immense terminal gazier flottant à Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, approvisionné par des centaines de kilomètres de nouveaux pipelines traversant le Québec.
Tout ce que je redoutais était en train d’arriver...
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