HALTE À L'EXPANSION DÉBRIDÉE
DES CENTRES DE DONNÉES
Les mégacentres de données dédiés à l’IA se multiplient à toute vitesse au Canada. Terres, eau, énergie et ressources minérales : ils exercent une pression considérable sur les communautés et les écosystèmes.
Les géants du numérique prétendent que cette expansion est inévitable, ce qui est faux. Les nations autochtones peuvent exercer leur droit de dire non. Les communautés peuvent résister. Et des personnes comme vous peuvent se mobiliser pour empêcher ces projets.
En signant cette pétition, vous soutenez un moratoire sur les centres de données et faites clairement savoir qu’aucun projet ne doit aller de l’avant sans consentement, consultation publique ou études d’impact.
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PROTÉGEONS LE VIVANT,
PAS LES CENTRES DE DONNÉES
L’IA transforme notre monde à un rythme effréné. La technologie est peut-être nouvelle, mais le système sur lequel elle repose ne l’est pas. Il s’inscrit dans la même logique coloniale que l’extraction des combustibles fossiles, qui traite la nature comme une simple ressource à exploiter. Aujourd’hui, ce modèle continue de gagner du terrain chez nous, alors que le Canada devient une destination de choix pour les centres de données à très grande échelle (« hyperscale »), essentiels à l’expansion de l’IA.
Les entreprises technologiques appliquent une stratégie d’expansion bien rodée, à commencer par l’accaparement et la destruction des terres. Au Canada, cette approche se déploie souvent au mépris du droit des peuples autochtones de donner ou de refuser leur consentement aux projets proposés sur leurs territoires [1, 2]. Pour accélérer les choses, les entreprises traitent directement avec les autorités locales. Les projets de mégacentres de données sont approuvés à huis clos, sans consultation publique ni étude d’impact [3]. L’objectif? Construire le plus vite possible, à n’importe quel prix.
Et les coûts sont colossaux. Une fois opérationnelles, ces installations peuvent consommer autant d’eau et d’électricité que des milliers, voire des millions, de foyers [4, 5]. Elles exercent une pression sur les ressources en eau douce du Canada, alors que de nombreuses communautés autochtones au pays n’ont toujours pas un accès équitable à l’eau potable [6, 7].
Sur le plan énergétique, ces installations accaparent les réseaux électriques locaux et refilent la facture aux collectivités. En Alberta, le Pembina Institute estime qu’un seul centre de données de Meta pourrait faire grimper la facture d’électricité moyenne d’un ménage de 270 à 460 $ par an entre 2027 et 2031, soit une hausse d’environ 15 à 25 % [8]. Et ce n’est pas tout : ces installations fonctionnent 24 heures sur 24 et exposent les personnes vivant à proximité à des nuisances sonores susceptibles de perturber gravement leur quotidien [9].
Les chaînes d’approvisionnement extractives qui sous-tendent l’IA prolongent notre dépendance aux combustibles fossiles, notamment le gaz et le charbon, tout en stimulant l’extraction de cobalt, de lithium et d’autres minéraux essentiels, au Canada comme ailleurs dans le monde. Cette course aux ressources alimente les conflits, l’exploitation, le génocide et l’écocide [10, 11, 12]. L’IA perpétue ainsi un cycle de violence dans lequel la technologie sert à faciliter le travail forcé dans des conditions inimaginables, le tout pour alimenter une intelligence virtuelle qui est ensuite utilisée pour cibler des populations jugées « jetables » [13, 14, 15].
Tel est le mode opératoire des géants du numérique, facilité par les gouvernements qui financent, autorisent et accélèrent la construction de centres de données : sacrifier le vivant pour enrichir les entreprises et consolider leur pouvoir, tout en présentant la montée en puissance de l’IA comme inévitable. Pourtant, ces entreprises font face à un obstacle de taille qu’elles ne peuvent pas simplement balayer d’un revers de main – et elles le savent.
L’essor de l’IA repose sur l’expansion rapide des mégacentres de données. En coupant court à leur déploiement, nous pouvons enrayer cette course effrénée. Les communautés peuvent résister, les nations autochtones peuvent exercer leur droit de refus et nous pouvons nous mobiliser pour empêcher la prolifération de ces installations.
Aux côtés de groupes alliés issus des mouvements pour le climat, la défense des droits et les droits numériques, nous appelons les gouvernements canadiens à suspendre toute nouvelle autorisation de construire des mégacentres de données jusqu’à ce que des critères sociaux et environnementaux rigoureux et juridiquement contraignants soient adoptés. Ces critères devront répondre aux exigences suivantes :
- Reconnaître le droit des nations autochtones de consentir aux projets ou de les refuser, conformément à leurs propres lois et conditions, et de retirer leur consentement si celles-ci ne sont pas respectées;
- Rendre publics l’ensemble des impacts environnementaux, économiques, sanitaires et sécuritaires de chaque projet de centre de données, et respecter des normes environnementales strictes;
- Garantir que le projet ne compromette pas une transition juste vers la sortie des combustibles fossiles;
- Utiliser une énergie 100 % renouvelable, sans perturber le réseau électrique ni augmenter les factures d’électricité des ménages;
- Faire passer les besoins de la population et la protection des écosystèmes avant l’utilisation de minéraux critiques et d’eau par les centres de données.
Les géants du numérique et leurs complices au sein des gouvernements croient pouvoir nous imposer l’IA, multiplier les projets de mégacentres de données et faire avancer en douce le programme qui sous-tend cette expansion.
Mais nous sommes tout à fait en droit de demander qui en profite et qui en paie le prix – et de rejeter un modèle qui perpétue l’exploitation coloniale. La protection du vivant doit primer sur le déploiement de serveurs, et les écosystèmes ne doivent pas être sacrifiés pour satisfaire la soif de pouvoir des milliardaires du numérique.
N’attendez pas qu’un centre de données soit proposé dans votre région. Signez la pétition pour réclamer un moratoire immédiat et rejoignez les milliers de personnes qui demandent qu’aucun nouveau projet ne soit autorisé sans le consentement des nations autochtones, une véritable consultation publique et une évaluation environnementale approfondie.
L'humain
contre l'ia
De la Nation crie de Sturgeon Lake à Mississauga, en passant par Sherbrooke, les collectivités s’opposent à l’expansion débridée des centres de données. Les communautés autochtones sont à l’avant-garde des contestations judiciaires, tandis que l’opposition gagne du terrain dans les rues et les hôtels de ville. Et cette mobilisation porte ses fruits : partout au pays, de plus en plus de municipalités font obstacle à de nouveaux projets.
Sur le territoire visé par le Traité n° 8, la Nation crie de Sturgeon Lake conteste devant les tribunaux la délivrance par l’Alberta d’un permis autorisant le prélèvement de six millions de mètres cubes d’eau dans la rivière Smoky [1]. La Nation établit un lien entre ce permis et le projet de parc de centres de données dédiés à l’intelligence artificielle proposé par Kevin O’Leary, et affirme que la province a omis de la consulter. En août, un juge a rejeté la requête de l’entreprise qui cherchait à faire écarter le recours de la Nation. L’affaire devrait être entendue en décembre.
À Mississauga, les gens ont fait part au conseil municipal de leurs inquiétudes concernant la consommation d’énergie, le bruit et le projet de construire un centre de données dans une plaine inondable. En septembre, le conseil a voté à l’unanimité un moratoire d’un an sur les autorisations de construction de nouveaux grands centres de données, une décision qu’il a attribuée aux préoccupations exprimées par la population [2]. Oakville avait adopté une mesure similaire un mois plus tôt.
À Sherbrooke, un projet de mégacentre de données sur un terrain boisé non loin d’un quartier résidentiel a fait l’objet de protestations [3]. Plus de 11 000 personnes ont signé une pétition s’y opposant, et la mobilisation ne cesse de prendre de l’ampleur. Au Nouveau-Brunswick, la pression publique a poussé la province à mieux encadrer un projet de 390 mégawatts [4].
La majorité de la population s’oppose à ces projets, et lorsque les gens unissent leurs efforts, ils peuvent faire barrage aux entreprises les plus puissantes.
De la rivière Smoky à Sherbrooke, les communautés montrent que l’action collective peut faire bouger les choses. Chaque signature renforce notre mouvement et nous rapproche de la prochaine victoire. Ajoutez votre voix à la nôtre dès aujourd’hui!
de foyers pourraient être alimentés par les 7,5 gigawatts d’énergie nécessaires au fonctionnement du projet de parc de centres de données Wonder Valley de Kevin O’Leary.
pourraient s’ajouter à la facture d’électricité annuelle des ménages après la mise en service du centre de données Meta dans le comté de Sturgeon
des sites de centres de données prévus en Alberta se situent dans des zones soumises à un stress hydrique élevé.
Faq
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