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PIPELINE DE GAZ DE MARINVEST!
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Pas de pipeline, ni au Québec ni ailleurs
Le Québec, la forêt boréale et le fleuve Saint-Laurent sont menacés par un nouveau mégaprojet de GNL
Depuis février 2025, la compagnie norvégienne Marinvest Energy travaille main dans la main avec le gouvernement du Québec et du Canada dans le plus grand des secrets afin d’imposer un nouveau projet d’énergie fossile au Québec [1]. Pendant ce temps, la population est tenue complètement à l’écart des discussions et ne reçoit aucune information sur le projet.
Dans le viseur de Marinvest : la baie des Anglais, à Baie-Comeau, où elle compte installer un nouveau terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) flottant; et le nord du Québec, où elle prévoit construire un énorme pipeline reliant le nord de l’Ontario avec la Côte-Nord en passant par l’Abitibi. Le tracé traverserait les territoires des Innuat, des Cris/Eeyouch, des Atikamekw Nehirowisiwok et des Anishinabeg, mettant ainsi en péril plus de 1000 km d’écosystèmes vitaux, tout en menaçant la santé des communautés et les droits de la personne les plus fondamentaux : les droits à la vie, à un environnement sain et à la sécurité.
La population québécoise a déjà rejeté ce type de projet. Après s’être opposée à Énergie Est en 2017 [2] et à GNL Québec en 2021 [3], elle a définitivement tourné le dos au gaz de schiste et au pétrole en 2022 en interdisant leur exploration et leur exploitation [4]. À chaque fois, c’est la mobilisation citoyenne qui a eu raison de ces projets.
Dites au premier ministre du Canada Mark Carney et à la première ministre du Québec Christine Fréchette, ainsi qu’à leurs ministres respectifs de l’Énergie Tim Hodgson et Bernard Drainville, que nous ne voulons pas de leurs nouveaux projets d’énergies fossiles, ni ici au Québec ni ailleurs au Canada!
Un projet qui
ne tient pas la route
L’industrie des énergies fossiles fait pression en faveur du développement du gaz naturel liquéfié (GNL) à un moment où la consommation mondiale de GNL est en pleine évolution, marquée par un ralentissement de la croissance de la demande sur les principaux marchés, une augmentation massive et imminente de l’offre, ainsi qu’un déclin structurel à long terme dans les principales régions consommatrices.
Malgré cela, l’industrie alimente la désinformation et en tire profit. C’est ainsi qu’il devient possible de convaincre la population qu’un projet qui va défigurer la forêt boréale, perturber les écosystèmes du fleuve Saint-Laurent et contribuer à l’accélération de la crise climatique est, en réalité, une opportunité économique inespérée.
Ce projet n’est pas d’intérêt public. Il met à risque les communautés et les écosystèmes du Québec, tout en perpétuant notre dépendance aux énergies fossiles à un moment où nous devons accélérer la transition vers les énergies renouvelables. C’est pourquoi il ne doit pas voir le jour.
La distance que couvrirait ce pipeline de gaz s’il est construit, menaçant un grand nombre d’espèces et de communautés sur son tracé.
La superficie de la baie des Anglais. C’est une petite étendue d’eau, mais qui regorge de biodiversité marine, et elle pourrait bientôt être envahie 3 à 4 fois semaine par d’énormes bateaux de 300 mètres de long (méthaniers).
Tout au long de son cycle de vie – extraction, transport, liquéfaction, consommation – le GNL génère d’énormes fuites de méthane, un gaz à effet de serre 80 x plus puissant que le CO₂ sur un horizon de 20 ans. Résultat? Le GNL peut être aussi polluant que le charbon.
Un aperçu de l’univers de Marinvest Energy
Que sait-on de l’entreprise Marinvest Energy?
Marinvest Energy AS est une petite société norvégienne créée en 2020. Basée à Bergen, elle se spécialise dans le développement des terminaux et systèmes d’énergie marine pour transporter du GNL, qu’elle continue de présenter comme une « énergie de transition » – un mensonge entretenu par l’industrie. Au Québec, Marinvest a récemment enregistré sa filiale, Marinvest Énergie Canada, avec l’aide du cabinet de relations publiques NATIONAL, une firme de communication et de lobbying. Les lobbyistes de NATIONAL et de Marinvest ont déjà multiplié les rencontres avec des représentants des gouvernements québécois et canadiens afin de promouvoir leur projet.
Qui est Greg Cano?
Il est actuellement le seul salarié de l’entreprise Marinvest Énergie Canada (directeur de l’exploitation, COO). Une figure bien connue dans l’industrie des énergies fossiles, il a précédemment été directeur de la planification chez TransCanada (aujourd’hui TC Energy), chef de projet pour Steelhead LNG et haut placé chez Pacific Atlantic Pipeline Construction (PAPC), où il était le principal sous-traitant du très controversé pipeline Coastal GasLink (CGL). Beaucoup de ses projets ont été critiqués pour leur traitement des communautés autochtones et le non-respect de leurs droits, ainsi que pour leurs impacts environnementaux.
Le GNL est-il une énergie de transition?
Contrairement au discours de l’industrie, le GNL n’est pas une énergie de transition. Tout au long de son cycle de vie – extraction, transport, liquéfaction, consommation – il génère d’énormes fuites de méthane, un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO₂ sur un horizon de 20 ans. Résultat? Le GNL peut être aussi polluant que le charbon. Miser sur le gaz, c’est retarder la transition vers les énergies renouvelables et enfermer le Québec dans des infrastructures fossiles pour des décennies.
Est-ce que ce projet offrirait des retombées économiques pour le Québec?
Les retombées économiques pour le Québec seraient très limitées, car le Québec servirait principalement de corridor de transit pour un gaz destiné à l’exportation. Les investissements publics nécessaires (infrastructures, accompagnement gouvernemental et allègements fiscaux potentiels) risquent fortement de dépasser les bénéfices directs pour la population québécoise. La majorité des emplois seraient temporaires et liés à la phase de construction, et en phase d’exploitation, le nombre d’emplois permanents serait relativement faible (entre 250 et 300 emplois étaient prévus pour l’usine de GNL Québec au Saguenay).
Arrêtons ce projet avant même qu’il ne démarre.
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