Le monde entier assiste, horrifié, à l’enlèvement d’enfants, au déchirement de communautés et au meurtre de personnes en direct aux États-Unis.

Alors que l'indignation suscitée par ces meurtres se répand dans le monde entier, les Canadiennes et Canadiens ont appris quelque chose de profondément troublant : des véhicules blindés fabriqués par une entreprise canadienne sont vendus à l’ICE, l’agence américaine de l’immigration et des douanes [1].

Roshel, une entreprise située à Brampton, en Ontario, a reçu un contrat pour la fourniture de 20 véhicules blindés à l'ICE, avec une livraison prévue en décembre 2025. L'annonce a été saluée par le premier ministre ontarien Doug Ford, qui a déclaré que cette entente constituait une « excellente nouvelle » [2].

Le rôle de l'ICE dans des raids violents, des décès en détention ainsi que des cas de séparation de familles et de refus de soins médicaux, tout comme son penchant pour la force excessive, a été largement documenté par des organisations de défense des droits [3]. Par conséquent, cet approvisionnement en véhicules blindés contribue à la militarisation d'une agence accusée à maintes reprises d'abus en matière de droits de la personne.

En vertu du Traité sur le commerce des armes, signé par le Canada et inscrit dans la législation fédérale, les permis d'exportation ne doivent pas être octroyés s'il existe un risque substantiel d'atteinte aux droits de la personne [4].

Une documentation vidéo abondante et des témoignages directs ont rendu ces abus publics à travers le monde. Les Canadien·nes savent que nous ne pouvons pas parler des droits de la personne à l'étranger tout en exportant de l'équipement militaire qui facilite la violence au sud de notre frontière.

Le Canada peut également se référer à son propre passé difficile, qui témoigne clairement des conséquences de l'utilisation de la force pour défendre le pouvoir, le profit et l'extraction des ressources au détriment des gens et des terres sur lesquelles ils résident. Qu'il s'agisse de descentes policières violentes et militarisées contre des communautés autochtones affirmant leur souveraineté, ou de la mise à l’écart de travailleur·ses et de communautés au nom de la « nécessité économique », le fossé entre les engagements et les actions des gouvernements a entraîné des préjudices graves et souvent mortels.

Nos voisin·es du sud de la frontière en font actuellement les frais. Nous n'accepterons pas qu'un fabricant canadien de matériel de défense fournisse des véhicules blindés qui seront utilisés pour terroriser des communautés pacifiques aux États-Unis.

Dites au premier ministre Mark Carney et à la ministre des Affaires étrangères Anita Anand de :

  • mettre fin à l'envoi de véhicules blindés ou d'équipements militaires à l’ICE;
  • éliminer les échappatoires juridiques qui permettent aux armes, pièces d'armes et explosifs canadiens de ne pas faire l'objet d'un suivi.

Carney l'a dit lui-même : la construction d'un Canada fort passe par la mise en pratique de nos valeurs. Commençons à le faire dès maintenant.

[1] ‘Deeply troubling’: Canadian legislators call for halt to ICE armored vehicle sale after report by The Independent. Independent, 4 décembre 2025 (disponible en anglais seulement)

[2] Véhicules blindés de l’ICE fabriqués au Canada: Doug Ford change de ton, Le Droit, 27 janvier 2026.

[3] More than 1,000 alleged rights abuses in immigration detention, Ossoff finds. AJC, 27 janvier 2026 (disponible en anglais seulement)

[4] La Faille Américaine : Comment des pièces canadiennes de F-35 et des explosifs transitent vers Israël par les États-Unis, Arms Embargo Now, novembre 2025

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